Présentation... il en faut bien une n'est ce pas?!

Présentation... il en faut bien une n'est ce pas?!
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Et vOilà, vOus entrez dans le mOnde du théâtre

VOus restez spe¢tateur,

Et l'a¢teur, ¢ette ƒOis, ¢'est le théâtre lui même...

A lui de vOus jOuer sa piè¢e!

A sOn tOur de jOuer sOn prOpre rôle!

Installez vOus ßien dans vOtre ƒauteuil

(5..4..3..2..1..0.. partez, tOuuus les prOje¢teurs vOnt s'allumer..
heuuu nOn pardOn lOl)

Et préparez vOus a vivre et à lire

La merveilleuse aventure

Du théâtre...

Rideau!

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photo: "théâtre du futur", trouvée sur google (couleurs modifiées)

# Posté le samedi 04 mars 2006 07:35

Modifié le lundi 03 avril 2006 14:26

La passion... amoureuse du théâtre! si, si, je vous jure c'est de l'amour...

La passion... amoureuse du théâtre! si, si, je vous jure c'est de l'amour...
Il fallait avant tOut que je vOus parle de la passiOn...
COmment dé¢rire la passiOn?
Ceu× qui Ont déjà été amOureu× peuvent savOir..
¢eu× qui ne l'Ont jamais été ne peuvent pas...


La passiOn ¢'est un tremßlement
Qui survient à n'impOrte quel mOment
La passiOn ¢'est un ¢Oeur qui ment
Quand il dit qu'il n'est pas dépendant
La passiOn ¢'est une envie
Qui nOus pOursuit jusque dans nOtre lit
La passiOn ¢'est un nOeud au ventre
LOrque sur s¢ène tu rentres
La passiOn ¢'est un Oeil qui ßrille
Et un ¢Oeur qui vas¢ille...

VOilà ¢Omment en quelques mOts je peu× essayer de vOus e×pliquer...
Je ne peu× pas ƒaire mieu×, a vOus de ¢Omprendre
A vOus de tenter l'e×périen¢e peut être?

# Posté le dimanche 02 avril 2006 11:20

Modifié le dimanche 02 avril 2006 11:57

Sommaire (trèèès important le sommaire... c'est pour pas que vous soyez perdu... et pour pas que je me perde non plus :P)

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+++++++++++++++++++Un petit sommaire... ça fait pas de mal!

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Page 1

Article 1 : Présentation... il en faut bien une n'est ce pas?!
pré
sentation du blog (vous aviez compris quand même!)... acceuil des visiteur (quel professionnalisme!)

Article 2:La passion... amoureuse du théâtre! si, si, je vous jure c'est de l'amour...
Un
e définition de la passion... à ma manière :)

Article 3: ... Ben alors! Vous suivez pas ou quoi? Vous y êtes sur l'article 3!

Artcle 4: exposé 1: Le théâtre classique... (oui, c'est long vous êtes pas obligés de lire!)

Article 5: exposé 2 : Le théâtre contemporain...

PAGE 2 (ici)

Article 6: Si jamais vous voulez faire de la passion le métier... il ne reste plus qu'à choisir!La liste des métiers de la scène et petite (j'ai dit petite) descrition!

Article 7: Des écoles d'acteurs, ça existe!
A
dresses, sites et numéros de quelques écoles... a compléter selon la demande!

Article 8: Le salut final... impossible de ne rien dire dessus!

Article 9 :Partager!
La
issez votre adresse (mail ou blog) et puis décrivez votre relation au théâtre, histoire de pouvoir discutter avec des gens qui ont la même passion!!!

Article 10: Et le cinéma alors?
L
e théâtre et le ciné, pareils? A vous de dire!

Article 11: Les textes au tâtre, comme les partitions en musique!
On a
ime tous plus ou moins certains textes! Donnez votre avis!

Article 12: Encore un article où vous avez la parole!
Do
nnez des idées de sujets, de recherches, d'articles!

Article 13: L'auteur de ce blog
Ah ah... C'est Zorro! :)

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++Et sur ce chers amis théâtraux ++
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______'''____+
+______'''____+
++Bon voyage dans le coeur et les artères du théâtre!++
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# Posté le dimanche 02 avril 2006 11:23

Modifié le lundi 03 avril 2006 11:22

exposé 1: Le théâtre classique... (oui, c'est long vous êtes pas obligés de lire!)

Commençons par du très théorique,
du peut être ennuyeux si tu t'accroche pas
Mais en même temps t'es pas obligé de lire
C'est juste pour les intérréssés
Pour les "besoin d'aide"
Et les exposés



Le théâtre du XVIIe siè¢le s'inspire dire¢tement de l'Antiquité g¢O-latine. La ¢OeptiOn du théatre est ƒOrtement inƒluen¢ée par la POétique d'AristOte (Gre¢ du IVe s. av. J.-C.) et l'Art pOétique d'HOra¢e (ROmain du Ier s. av. J.-C.). La piè¢e de théâtre est sOuvent appee un POème dramatique. Les sujets, surtOut au théâtre tragique, sOnt tirés le plus sOuvent de l'histOire Ou de la mythOlOgie grque et latine.


(j'arrète les effet d'écriture pour ces long textes théoriques, c'est plus facile à lire et puis... plus facile pour le copier coller aussi lol)


La tragédie [...] est la représentation d'une

action noble, menée jusqu`à son terme et

ayant une certaine étendue, [...]" Aristote, la Poétique, édition de

Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, Paris Seuil, 1980, ch. 6, p.53. Elle met en scène une

action noble et donc des personnages nobles (rois, reines, grands

nobles). Le héros tragique a toutes les qualités nobles (courage,

générosité, noblesse de sentiments, etc.) mais il est victime de forces qui le dépassent et

qui provoqueront sa chute. La tragédie doit réaliser la catharsis, la purgation des

passions par la pitié et la terreur. "La pitié d'un malheur où nous voyons tomber nos

semblables nous porte à la crainte d'un pareil pour nous; [...]" Corneille, Deuxième

discours, 1660, dans Oeuvres complètes, édition d'A. Stegmann (Paris: Seuil, 1962)

p.830.

La tragédie raconte le renversement du bonheur au malheur. La mort du

héros constitue le dénouement typique

d'une tragédie mais la mort n'est pas obligatoire du moment où le retour à la situation

initiale heureuse est impossible. On ne peut pas mettre en scène un grand personnage de

l'époque donc la plupart des pièces sont tirées de l'Antiquité grecque

(Racine) ou romaine (Corneille).



La comédie met en scène une action

basse
et donc des personnages bas (normalement

des bourgeois mais parfois des paysans). Il est donc permis de représenter des gens de

l'époque. Normalement on critique un défaut commun (avarice, sottise,

hypocrisie, infidélité, ambition démésurée). La comédie raconte le renversement du

malheur au bonheur. Le dénouement typique d'une comédie est le mariage (même si le

jeune couple n'est pas toujours au premier plan).






Règles du théâtre

Le théâtre est soumis à une série de règles, la bienséance, la vraisemblance, et les trois unités (unités de temps, de lieu, et d'action).



La bienséance (adjectif bienséant) -

ce qu'il est permis de montrer sur la scène sans choquer le public de

l'époque. Elle est donc variable d'une époque à une autre et d'une

culture à une autre. (Pensez à l'évolution de ce qu'on montre à la

télévision au cours des 30 dernières années.) On ne montre sur la scène ni la violence, ni

la mort sanglante ni le contact physique. La bienséance rend le théâtre tragique un

théâtre surtout de paroles.



"Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose,
Les yeux en la voyant saisiront mieux la chose;
Mais il est des objets que l'art judicieux
Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux. "
(Boileau, l'Art poétique, 1674, édition de Guy Riegert, (Paris: Larousse, 1972) chant III, vv.51-54)



La vraisemblance - (adjectif vraisemblable)

ce qui semble croyable dans l'attente du public. La vraisemblance est

conditionnée par l'époque et par le genre. Elle est affaire de

préparation psychologique
de la part de l'auteur et doit se distinguer de la vérité. En

termes très simples, la vérité présente ce qui est, la vraisemblance ce qui

devrait être
.




Pour Boileau:

Jamais au spectateur n'offrez rien d'incroyable:
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.
vv.47-48. [x/]




Pour l'abbé d'Aubignac:

"Il n'y a donc que le Vraisemblable qui puisse raisonnablement fonder, soutenir et terminer
un poème dramatique: ce n'est pas que les choses véritables et possibles soient bannies
du Théâtre; mais elles n'y sont reçuës qu'en tant qu'elles on de la vraisemblance; de
sorte que pour les y faire entrer, il faut ôter ou changer toutes les circonstances qui
n'ont point ce caractère, et l'imprimer à tout ce qu'on y veut représenter." la Pratique du
théâtre (1657, citée d'après l'édition d'Amsterdam de 1715. p.67)





Les trois unités

"Les trois unités s'appliquent également à la tragédie et à la comédie.
Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul acte accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. "
Boileau vv.45-46.




Unité d'action (appelée aussi unité de péril) - la pièce ne met

en scène qu'une seule

action principale. Il peut y avoir des intrigues secondaires mais ces

dernières doivent trouver leur résolution au plus tard en même temps que l'action

principale. Une fois échappé au danger qui le ménace, le héros ne doit pas s'affronter à

un nouveau péril qui n'est pas une conséquence directe du premier.




Unité de temps: (appelée aussi unité de jour ou la règle des 24 heures) - toute l'action

représentée est censée avoir lieu dans un seul jour. Racine

voulait rapprocher le plus possible la durée de la représentation à la durée de

l'histoire (c-à-d environ trois heures)

mais Corneille voyait la question de façon plus large et admettait que

certaines de ses pièces dépassaient légèrement les 24 heures.




Unité de lieu - toute l'action représentée se déroule dans un

seul endroit. On ne peut pas montrer un

champ de bataille et ensuite l'intérieur d'un palais. Pour la tragédie, on choisit le plus

souvent une salle commune à l'intérieur d'un palais mais Corneille croyait qu'on pouvait

représenter différentes salles dans un même palais. La comédie préfère une salle dans une

maison bourgeoise ou un carrefour public. L'unité de lieu exige des récits de ce qui se

passe ailleurs, les récits de combats notamment (où la question de la bienséance joue

aussi).

# Posté le dimanche 02 avril 2006 12:11

exposé 2 : Le théâtre contemporain...

Impossible de traiter le théâtre classique sans traiter le théâtre contemporain!
Les sources sont un peu différentes, je complèterais si nécessaire!


Depuis la Renaissance, le théâtre semblait évoluer vers une reconstitution de plus en plus scrupuleuse de la réalité. Alors que le réalisme atteignait son apogée, à la fin du XIXe siècle, on vit apparaître, sous de multiples formes, une réaction antiréaliste.


1.Précurseurs du théâtre moderne

Soucieux de proposer une alternative au théâtre réaliste, certains jugeaient que le naturalisme se limitait à une reconstitution fort limitée de la réalité et qu'il existait une vérité plus profonde à retrouver dans la spiritualité ou l'inconscient ; d'autres estimaient que le théâtre avait perdu tout contact avec ses origines et qu'il était réduit à la fonction de divertissement. En harmonie avec l'évolution artistique de son temps, cette avant-garde tenta de régénérer le théâtre par le recours au symbole, à l'abstraction et au rituel.

L'un des précurseurs de ce mouvement fut le compositeur allemand Richard Wagner. Pour lui, le rôle de l'auteur dramatique-compositeur était de créer des mythes à l'image du théâtre antique, de peindre un monde idéal où le public retrouverait sa propre expérience. Il entendait cerner l'« état de l'âme », l'univers intérieur de ses personnages, plus que leur apparence. En outre, Wagner critiqua dans l'art dramatique le manque d'unité entre les différentes disciplines qui le constituent. Il lança l'idée de Gesamtkunstwerk (« œuvre intégrale »), où tous les éléments dramatiques devaient être réunis sous le contrôle d'un seul créateur. Il fut également l'auteur d'une réforme de la mise en scène et de l'architecture théâtrale, avec le Festival de Bayreuth, qu'il créa en Allemagne en 1876. La scène de ce théâtre était semblable à la plupart des scènes du XIXe siècle, mais Wagner avait fait retirer loges et balcons, et fait installer des fauteuils en éventail sur un sol en pente, ce qui permettait à tous les spectateurs d'avoir la même vue de la représentation.

2.Théâtre symboliste

Les idées de Wagner furent d'abord adoptées en France, dans les années 1880, par le mouvement symboliste. Les symbolistes prônaient la « déthéâtralisation », c'est-à-dire l'abandon de toutes les fioritures techniques, auxquelles devait se substituer une spiritualité émanant du texte et de l'interprétation. Les pièces étaient chargées de symboles et de signes évocateurs ; leur rythme était lent, presque onirique. Elles faisaient appel à l'inconscient plutôt qu'à l'intellect et cherchaient à découvrir la dimension irrationnelle du monde. En témoignent notamment, dans les années 1890-1900, les pièces de Maurice Maeterlinck ou de Paul Claudel, ainsi que certaines pièces de Tchekhov, Ibsen ou Strindberg.

Le symbolisme devait influencer la réflexion du théoricien suisse Adolphe Appia et celle du metteur en scène britannique Edward Gordon Craig. Tous deux réagirent contre le réalisme des décors peints, proposant des éléments suggestifs ou abstraits, qui, combinés avec des jeux de lumière, permettraient de créer une impression plutôt qu'une illusion de lieu réel.

En 1896, le metteur en scène symboliste Lugné-Poe montait Ubu Roi d'Alfred Jarry, farce provocante et excentrique. Libre fantaisie sur le thème de Macbeth, la pièce mettait en scène des personnages-marionnettes, dans un monde improbable et à travers des dialogues volontiers obscènes. Son originalité réside essentiellement dans le fait qu'elle transgresse toutes les normes et tous les tabous qui pesaient alors sur le théâtre. Ubu Roi allait être l'une des principales sources d'inspiration des futures avant-gardes et notamment du théâtre de l'absurde des années 1950.


3.Théâtre expressionniste

Le mouvement expressionniste, qui s'affirma essentiellement en Allemagne, dans les années 1910-1920, explorait les aspects les plus extrêmes et les plus grotesques de l'âme humaine, jusqu'à recréer un univers de cauchemar. Du point de vue scénographique, l'expressionnisme se caractérisa par la distorsion et l'exagération des formes, et par un usage suggestif de l'ombre et de la lumière. Les pièces de Georg Kaiser ou d'Ernst Toller étaient structurées en épisodes, écrits dans un langage syncopé, nourris d'un imaginaire intense. Les personnages étaient ramenés au stade de types à peine ébauchés ou de figures allégoriques, et les intrigues à une réflexion sur la condition humaine. L'auteur dramatique américain Eugene O'Neill mit en pratique, dès les années 1930, un certain nombre de procédés expressionnistes (dans des pièces comme l'Empereur Jones ou l'Étrange Intermède) pour mieux explorer la psychologie de ses personnages.
Dans la première moitié du XXe siècle, d'autres mouvements, comme le futurisme, le dadaïsme et le surréalisme, s'étendirent au domaine du théâtre, à travers les pièces iconoclastes de Guillaume Apollinaire (les Mamelles de Tiresias) ou de Roger Vitrac (Victor ou les Enfants au pouvoir).


4.Distanciation

Le dramaturge et théoricien allemand Bertolt Brecht s'opposa également au théâtre réaliste. Brecht voyait dans l'art dramatique un moyen de transformer la société, un instrument politique susceptible de mobiliser le public et de l'entraîner dans le mouvement social. Dans cet esprit, il écrivit ce qu'il appelait des drames épiques (par opposition aux drames narratifs), qui rappelaient à chaque instant aux spectateurs qu'ils assistaient à une représentation théâtrale. Ainsi, le public était à même de porter un jugement rationnel sur le spectacle, grâce notamment au Verfremdungseffekt (« effet de distanciation »). L'utilisation d'un plateau nu et d'un dispositif scénique apparent, la juxtaposition de scènes courtes et mêlées d'interventions extérieures constituent l'essentiel de l'héritage théorique de Brecht, tandis que ses meilleures pièces (comme l'Opéra de quat'sous, créée en 1928 sur une musique de Kurt Weill, ou Mère Courage et ses enfants, créée en 1941) dépassaient largement le cadre de sa pensée conceptuelle.


5.Apports d'Antonin Artaud

D'autres innovations devaient êtres inspirées par le Français Antonin Artaud, avec son recueil d'essais le Théâtre et son double. Selon Artaud, la société était malade et avait besoin d'être guérie ; refusant le drame psychologique, il prônait l'avènement d'un théâtre à vocation spirituelle, communautaire, pour favoriser cette guérison. Le concept de « théâtre pur » qu'il entendait mettre en œuvre était appelé, dans son esprit, à détruire les formes anciennes et à permettre l'émergence d'une vie régénérée.
S'inspirant du théâtre oriental et des rites primitifs, il invita à une rénovation du langage théâtral, qu'il baptisa « théâtre de la cruauté ». Il s'agissait d'ébranler les spectateurs en redessinant la frontière qui les sépare des acteurs, en minimisant ou en éliminant le discours pour lui substituer de simples sons et mouvements. La grande ambiguïté de la réflexion d'Artaud, se déployant en l'absence de tout exemple (sinon l'expérience malheureuse, en 1935, de sa pièce les Cenci), devait susciter des interprétations et des prolongements très divers, souvent contradictoires.


6.Théâtre d'après-guerre

Après la guerre, les artistes ressentirent la nécessité d'instaurer un théâtre-citoyen, populaire et engagé, pleinement intégré dans la vie de la cité. Entre 1947 et 1967, trois décennies qui furent peut-être les plus fécondes dans l'histoire du théâtre du XXe siècle, on vit la triple naissance du théâtre populaire, du théâtre engagé, et du théâtre de l'absurde. En 1947, autour de Jean Vilar, naquit l'aventure du Festival d'Avignon, où se révélèrent bon nombre d'acteurs de grand talent, comme Alain Cuny, Gérard Philipe, Silvia Monfort, Maria Casarès, Philippe Noiret, Jeanne Moreau et bien d'autres, tous engagés dans un mouvement de réforme de l'art dramatique né de la première décentralisation théâtrale.

Pendant que Vilar s'installait au TNP et poursuivait son entreprise de popularisation du théâtre, des auteurs dramatiques défendaient un théâtre engagé, issu directement des épreuves de la guerre, à plus ou moins forte résonance politique ou humaniste, tels que Jean-Paul Sartre, Albert Camus ou Georges Bernanos. Jean Genet évoqua les déchirements de la guerre d'Algérie dans les Paravents (1961) et Aimé Césaire, comme Genet, fonda une poétique de l'engagement en racontant l'histoire d'Haïti dans la Tragédie du roi Christophe (1963) et Une saison au Congo (1966).

En Grande-Bretagne, la Paix du dimanche (1956) de John Osborne fut prise comme emblème par les « jeunes gens en colère » des années 1950. Aux États-Unis, le Living Theatre fondé par Julian Beck et Judith Malina, tout en définissant de nouvelles règles dramatiques, voulut faire du théâtre un pôle de contestation, foyer de la non-culture.
En Allemagne, sous l'influence de Brecht, de nombreux auteurs écrivaient des pièces documentaires, se fondant sur des événements historiques et posant la question des devoirs moraux et sociaux de l'individu. C'est le cas du Vicaire (1963) de Rolf Hochhuth, qui traite du silence coupable du pape Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale.

7.Théâtre de l'absurde

Au XXe siècle, le plus populaire parmi les mouvements d'avant-garde fut le théâtre de l'absurde. Héritiers spirituels de Jarry, des dadaïstes et des surréalistes, influencés par les théories existentialistes d'Albert Camus et de Jean-Paul Sartre, les dramaturges de l'absurde voyaient, selon le mot d'Eugène Ionesco, « l'homme comme perdu dans le monde, toutes ses actions devenant insensées, absurdes, inutiles ». Rendu célèbre par Eugène Ionesco (la Cantatrice chauve, 1951 ; Rhinocéros, 1959) et par Samuel Beckett (En attendant Godot, 1952), le théâtre de l'absurde tend à éliminer tout déterminisme logique, à nier le pouvoir de communication du langage pour le restreindre à une fonction purement ludique, et à réduire les personnages à des archétypes, égarés dans un monde anonyme et incompréhensible.

Le théâtre de l'absurde connut son apogée dans les années 1950, mais son influence devait se manifester jusque dans les années 1970. Les premières pièces de l'Américain Edward Albee furent considérées comme relevant de ce courant, en raison des éléments apparemment illogiques ou irrationnels qui présidaient aux actes de ses personnages.
Harold Pinter peut également être rattaché à ce courant, à travers des pièces d'aspect sombre et hermétique, comme le Retour (1964). Pinter pour sa part présentait ses œuvres comme réalistes, pour leur fidélité au monde quotidien, bien qu'elles ne fassent voir et entendre que les bribes d'une réalité inexpliquée.


8.Nouveau Théâtre

Le mouvement le plus fidèle à la pensée d'Artaud fut le Nouveau Théâtre des années 1960. Représenté par le Théâtre Laboratoire de Wroclaw du Polonais Jerzy Grotowski, par l'atelier du Théâtre de la Cruauté de Peter Brook, par le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, ou encore par l'Open Theatre de Joseph Chaikin, le Nouveau Théâtre délaissait le texte au profit d'une création collective des acteurs. Les spectacles, préparés par plusieurs mois de travail, reposaient avant tout sur les mouvements et les gestes, les sons et un langage non codifié, ainsi que sur une disposition inhabituelle de l'espace. L'une des mises en scène emblématiques de ce mouvement fut celle de Marat-Sade, de Peter Weiss, par la Royal Shakespeare Company. Bien que la pièce se caractérisât par une intrigue et des dialogues traditionnels (teintés cependant d'une forte influence brechtienne), la représentation reprenait un grand nombre de procédés caractéristiques de la pensée d'Artaud.


9.Théâtre contemporain

Si le naturalisme connut une certaine disgrâce après la Première Guerre mondiale, la forme réaliste continua à dominer le théâtre institutionnel. Mais il s'agissait plus d'un réalisme psychologique que d'une reconstitution de la réalité sociale. En témoignent notamment aux États-Unis les pièces d'Arthur Miller et de Tennessee Williams, qui utilisaient la réminiscence, le symbole ou la projection, ainsi que la pièce autobiographique d'Eugene O'Neill, Long Voyage vers la nuit (1956), dont l'écriture est poétique, presque musicale.
Le théâtre américain prit véritablement son essor dans les années 1950, grâce à la création en 1947 de l'Actors Studio par Elia Kazan et Lee Strasberg qui lui imprima sa marque. L'Actors Studio forma les plus grands acteurs américains, tels que James Dean, Marlon Brando, Marilyn Monroe, Paul Newman, Elizabeth Taylor, selon la méthode établie par Strasberg à partir des théories de Stanislavski. La primauté était donnée à la sensibilité, à la recherche d'un jeu vivant, nerveux, naturel. Cette technique de travail qui libérait l'acteur de l'hégémonie du texte et du metteur en scène donna naissance à l'improvisation, aujourd'hui étape obligatoire dans le travail théâtral.
Aux États-Unis, la production théâtrale représentée par Broadway ne cesse de menacer les petits théâtres, alors que la véritable création se poursuit dans les ateliers d'avant-garde dirigés par des artistes marginaux, qui pratiquent un théâtre pauvre et affectionnent les lieux éclectiques (cafés, églises, stades). L'art dramatique y est considéré comme un instrument de réflexion politique, comme en témoignent le Teatro Campesino de Luis Valdez, les happenings du Living Theatre, les spectacles du Bread and Puppet. Partisan d'un « spectacle total », Bob Wilson a contribué à faire du théâtre américain un lieu de rencontre avec les autres arts.

En Europe, le réalisme fut moins voué à l'étude psychologique qu'à l'observation des mœurs (comme l'attestent les dernières gloires du théâtre de boulevard : Henry Bernstein et Sacha Guitry en France, Noel Coward en Angleterre, Eduardo de Filippo en Italie, etc.), mais aussi à une plus large réflexion intellectuelle, à travers les œuvres de l'Italien Luigi Pirandello, qui offraient une sorte de prolongement théâtral aux découvertes de la psychanalyse.
Parallèlement, des auteurs comme Jean Giraudoux (La guerre de Troie n'aura pas lieu), Henry de Montherlant (la Reine morte), Jean Anouilh (Antigone), ou encore le Belge Michel de Ghelderode (la Légende du Grand Macabre) proposèrent une réactualisation de thèmes historiques ou mythiques.

Dans les années 1960-1970, d'autres auteurs dramatiques (Sam Shepard aux États-Unis, Peter Handke en Autriche, Tom Stoppard en Grande-Bretagne) consacrèrent leur recherche au langage. Dans leurs pièces, le dialogue ne se limitait pas à un échange rationnel d'informations, mais était envisagé comme un jeu social ou même purement sonore.

En Europe, dans les années 1970, le renouveau du théâtre fut essentiellement celui de la mise en scène, fondée sur la relecture de pièces classiques à travers une scénographie audacieuse. À l'image de Jean-Pierre Vincent, de nombreux metteurs en scène travaillèrent en collaboration avec des dramaturges chargés de les assister dans l'interprétation littéraire, sociologique et artistique du texte.
Le metteur en scène acquit un statut de démiurge, d'auteur du spectacle à part entière. Cette tendance trouve son origine en Allemagne, où le metteur en scène s'accordait depuis longtemps toutes les libertés, jusqu'à réécrire le texte ; cette audace imposa des hommes comme Erwin Piscator ou Meyerhold. À l'inverse, des hommes de théâtre comme Jean Vilar refusaient cette prépondérance du metteur en scène et préféraient le statut plus modeste de régisseur. Le Nouveau Théâtre, en multipliant les indications scéniques, contraignit la mise en scène à servir le texte et attira des metteurs en scène comme Jean-Marie Serreau et Roger Blin.

Par la suite le pouvoir du metteur en scène s'amplifia au point de s'emparer de romans pour les porter à la scène : ces adaptations ne se souciaient guère du point de vue du romancier. La pénurie d'auteurs dramatiques pourrait expliquer cette prise de pouvoir des metteurs en scène, qui s'abstiennent de promouvoir les jeunes auteurs et privilégient la relecture des œuvres classiques (Antoine Vitez, Daniel Mesguich).
À l'inverse, d'autres metteurs en scène, comme Jacques Lassalle, défendent un théâtre minimaliste. À côté de la génération de Matthias Langhoff, Peter Brook, Giorgio Strehler, Klaus Michael Grüber, Roger Planchon, Georges Lavaudant, Patrice Chéreau, de jeunes metteurs en scène semblent rendre au comédien la place qui lui revient, ouvrant la voie à la création plus collective.

# Posté le dimanche 02 avril 2006 12:36